Sram réagit à la règlementation UCI portant sur les développements

Vélos Cervélo du team Visma-Lease a BIke pour le Tour de France 2024

Sram nous a fait parvenir sa réaction vis à vis de la volonté de l’UCI de limiter les développements en compétition route. Sram vous invite à lire la lettre de son président, Ken Lousberg, sa contestation et les réponses à des questions que l’on peut se poser. C’est long mais instructif d’autant que l’Autorité belge de la Concurrence (ABC) se joint à Sram dans cette démarche.

Une lettre de Ken Lousberg, PDG de SRAM

Pour nos coureurs, équipes et partenaires de l’industrie du cyclisme, SRAM a été fondée il y a près de quatre décennies avec une simple conviction : que l’innovation stimule le progrès. Du Grip Shift au changement de vitesse sans fil, nous avons défié la convention pour donner aux coureurs de meilleurs outils pour performer, rivaliser et profiter de leur pratique.

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un autre défi, non pas de technologie, mais d’équité.

Le nouveau protocole de développement maximal de l’UCI est prêt à restreindre l’équipement sur lequel beaucoup d’entre vous comptent pour rouler et courir au mieux de vos capacités. Il limite le choix, étouffe l’innovation et cible injustement les coureurs de SRAM – et SRAM lui-même. Nous avons essayé de discuter avec l’UCI, l’organe directeur du cyclisme, de bonne foi, mais nos préoccupations n’ont pas été entendues. C’est pourquoi nous avons pris des mesures juridiques – non seulement pour protéger SRAM, mais aussi pour protéger le droit de concurrencer sur un pied d’égalité.

Nous ne demandons pas grand-chose. Nous voulons simplement que nos coureurs s’affrontent sur un pied d’égalité et que l’industrie soit reconnue et incluse comme une partie prenante principale – en travaillant ensemble pour rendre notre sport plus sûr pour les athlètes et plus inspirant pour les fans. Nous nous soucions profondément des athlètes de notre sport. Ce sont nos amis, les membres de notre famille et nos concurrents respectés. Notre remède à cette plainte est de considérer l’industrie dans son ensemble et de faire en sorte que toutes les principales parties prenantes aient une voix égale dans les décisions. Nous savons que cette règle a déjà causé de la confusion, de l’anxiété et des perturbations. Nous travaillons dur pour le résoudre rapidement et de manière transparente. Notre engagement envers la sécurité, la performance et l’innovation des conducteurs reste inchangé. Nous pensons que l’avenir du cyclisme devrait être façonné par la collaboration et le partenariat, et non par l’exclusion et l’intimidation. Merci d’être avec nous. Nous sommes fiers de soutenir l’équité dans notre sport, et nous continuerons à nous battre pour un avenir équitable, ouvert et motivé par le progrès et l’innovation.

Ken Lousberg CEO, SRAM

Vélos et matériel des pros sur le Critérium du Dauphiné 2024 le matériel de Visma-Lease a Bike
Du 54-41 comme pour beaucoup d’utilisateur en Sram avec un départ 10… Crédit Frédéric Iehl

SRAM conteste l’introduction de limitations des braquets par l’UCI

Le 12 septembre 2025, SRAM a déposé une plainte officielle auprès de l’Autorité belge de la Concurrence (ABC) contre l’Union Cycliste Internationale (UCI), contestant le Protocole du Braquet Maximum de l’UCI. L’ABC a o;iciellement ouvert une instruction en vertu des lois européennes et belges sur la concurrence le 17 septembre 2025, après examen de la plainte de SRAM.

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SRAM a contacté l’ABC car cette autorité a développé une expertise sur les enjeux de concurrence dans le domaine du sport et a démontré son engagement en faveur de l’équité et de l’intégrité dans le sport. L’Auditeur général de l’ABC mènera l’enquête et présentera ses conclusions au Collège de la concurrence, l’organe décisionnel indépendant de l’ABC, qui adoptera une décision définitive sur les mérites.

SRAM conteste les restrictions imposées par l’UCI en matière de transmission pour certaines épreuves cyclistes, qui limitent le développement maximal à 10,46 mètres par tour de pédale, soit l’équivalent d’une configuration 54×11. Cette limite exclut les transmissions qui excèdent ce seuil, en premier lieu la transmission SRAM RED AXS en configuration 54×10, le choix préféré de nombreuses équipes professionnelles. SRAM est le seul équipementier dont la configuration utilisée par les équipes professionnelles sera prohibée par la nouvelle réglementation de l’UCI, qui entrave l’innovation, limite le choix des coureurs et désavantage injustement les coureurs équipés de transmissions SRAM et l’entreprise SRAM.

SRAM a tenté à plusieurs reprises d’engager le dialogue avec l’UCI et de faire part de ses préoccupations concernant l’impact du Protocole du Braquet Maximum sur les coureurs et les équipes SRAM, ainsi que SRAM elle-même. Malgré ces e;orts, les dirigeants de l’UCI ont refusé d’engager un dialogue constructif sur la validité ou le bien-fondé de cette réglementation. Si SRAM continue de participer à des discussions techniques afin d’aider les équipes à se conformer aux restrictions de braquets en vue de l’épreuve soumise aux dites restrictions, le manque de transparence et de collaboration de l’UCI ne lui a laissé d’autre choix que de déposer une plainte antitrust auprès de l’ABC.

« Ce protocole pénalise et décourage l’innovation et place nos coureurs et nos équipes dans une situation concurrentielle désavantageuse. Nous n’aurions pu imaginer les transmissions d’aujourd’hui lorsque SRAM a été fondée il y a près de 40 ans, et nous savons que les transmissions de la prochaine décennie continueront d’évoluer. Nous comptons sur l’instance dirigeante de ce sport pour favoriser un environnement qui encourage l’innovation au profit des cyclistes d’aujourd’hui et de demain », a déclaré Ken Lousberg, PDG de SRAM. « Nous comptons également sur l’instance dirigeante pourapporter des changements scientifiquement fondés et efficaces pour la sécurité des coureurs. Nous sommes les critiques les plus sévères de notre propre équipement, utilisé en course comme à l’entraînement par les cyclistes du monde entier. La sécurité est primordiale pour nous. »

Bien que l’UCI qualifie le Protocole du Braquet Maximum de « test », sa mise en œuvre a déjà causé des dommages tangibles. Les transmissions SRAM ont été publiquement qualifiées de non-conformes, ce qui a nui à la réputation de l’entreprise, semé la confusion sur le marché, suscité l’inquiétude des équipes et des athlètes et exposé l’entreprise à des poursuites judiciaires. C’est pourquoi SRAM a également déposé une requête en mesures provisoires visant à obtenir la suspension des restrictions en matière de braquet lors du Tour de Guangxi, ainsi que pour toute épreuve ultérieure.

Si la restriction des braquets n’est pas levée, les coureurs utilisant des transmissions SRAM non modifiées s’exposent à un risque de disqualification et de sanction financière, et les équipes sponsorisées par SRAM seront immédiatement désavantagées, ce qui affectera les résultats de courses et les opportunités de sponsoring potentielles. De plus, SRAM et les équipes qu’elle soutient n’ont pas encore été en mesure de tester adéquatement les effets de la limitation du braquet de ses transmissions, engendrant un risque inutile pour les coureurs.

L’UCI a désigné le Tour du Guangxi comme premier terrain d’application du Protocole et demeure vague quant à d’autres événements futurs, plaçant SRAM et ses équipes sponsorisées, actuelles et futures, dans l’incertitude.

« Le fait de qualifier cela de test n’en fait pas moins une course », a déclaré M. Lousberg. « Tous les coureurs sur la ligne de départ devraient pouvoir concourir sur un pied d’égalité. À l’heure actuelle, les équipes sponsorisées par SRAM devront courir avec un équipement compromis et un nombre réduit de développements par rapport à leurs concurrents. Nous ne savons pas non plus clairement ce qui est testé. »

La plainte de SRAM allègue que le Protocole du Braquet Maximum de l’UCI :

• A été adopté sans consultation ni transparence et ne repose sur aucune preuve empirique ni justification crédible en matière de sécurité.

• Désavantage les coureurs équipés par SRAM dans les épreuves cyclistes professionnelles.

• Fausse la concurrence sur le marché des transmissions pour vélo de route en limitant le choix des équipes professionnelles et, en fin de compte, des consommateurs, car SRAM s’appuie sur des équipes de haut niveau pour lancer et commercialiser ses produits.

• Enfreint le droit européen et belge de la concurrence (articles 101 et 102 du TFUE).Bien que l’UCI présente le Protocole comme une mesure de sécurité, aucune preuve n’a été fournie afin d’étayer cette affirmation. L’analyse des données relatives aux chutes du Tour de France 2025 réalisée par SRAM, à l’aide de la télémétrie et d’images vidéo, n’a révélé aucune corrélation entre l’utilisation de développements plus élevés et un risque accru d’accident. Les chutes en descente étaient rares et survenaient à des vitesses atteignables avec les configurations de braquets de tous les fournisseurs des équipes du WorldTour.

« Si vous discutez avec les coureurs, ils demandent des courses plus sûres et de meilleurs tracés », a déclaré M. Lousberg. « Il y a des choses que nous pouvons faire collectivement pour rendre les courses plus sûres, mais restreindre arbitrairement une plage de transmissions, que nous sommes les seuls à proposer à nos équipes, est fondamentalement injuste pour les équipes, les coureurs et SRAM. »

SRAM a consacré près d’une décennie à développer une philosophie moderne en matière de transmissions qui a révolutionné le cyclisme sur route et a été adoptée tant par les cyclistes amateurs que par les champions du Tour de France. SRAM a délibérément dépassé le pignon de 11 dents, privilégiant une architecture de transmission plus innovante. Se conformer au Protocole nécessiterait une refonte complète et un recul technique, un processus qui prendrait des années. En raison des affirmations sans fondement de l’UCI, le public pourrait considérer à tort les transmissions SRAM comme illégales, portant ainsi atteinte à la réputation de l’entreprise et l’exposant à des recours potentiels en responsabilité. Si la restriction devenait permanente, les revendeurs et les fabricants de vélos pourraient tourner le dos aux produits innovants de SRAM, compromettant sa présence dans le domaine des transmissions route haute performance.

« Nous sommes fiers de la position que nous avons acquise sur le marché au cours des quatre dernières décennies », a déclaré M. Lousberg. « Nous ne sommes pas prêts à y renoncer à cause de restrictions arbitraires imposées par un organisme de réglementation, et nous ne céderons pas sans faire valoir nos arguments. »

Dans le cadre de sa plainte, SRAM demande la suspension immédiate des restrictions relatives aux transmissions, la représentation des fabricants de vélos et d’équipements au sein du comité chargé de prendre des décisions et d’adopter des modifications relatives aux équipements, ainsi que la mise en place de procédures internes garantissant que toute future mesure réglementaire de l’UCI soit conforme au droit européen de la concurrence.

« Aujourd’hui, les mesures prises par l’UCI pénalisent injustement les coureurs et l’entreprise SRAM », a déclaré Lousberg. « Mais compte tenu de la manière dont l’instance dirigeante prend ses décisions – décisions telles que la largeur de cintre, la hauteur de jante, la récente mise en place de transpondeurs et la pénalisation des équipes en Romandie… voire la hauteur des chaussettes – il est impossible de savoir qui pourrait être affecté à l’avenir. Par notre démarche auprès de l’ABC, nous espérons instaurer un climat plus transparent et plus collaboratif pour les équipes et les fabricants de composants, qui contribuera à un sport plus sûr et plus équitable pour tous. »

SRAM réaffirme son engagement en faveur de la sécurité des coureurs, d’une compétition équitable et d’un dialogue ouvert avec toutes les parties prenantes. SRAM est convaincue que les progrès dans le domaine du cyclisme reposent sur la collaboration, la transparence et un engagement commun en faveur de l’innovation.

Nous nous engageons envers les coureurs à travers le monde à continuer de concevoir des équipements innovants, à la pointe de l’industrie, répondant aux normes les plus strictes en matière de sécurité et de performance. SRAM se réjouit de contribuer à bâtir un avenir meilleur pour les coureurs, les cyclistes et les amateurs de cyclisme.

Nouveaux groupes Sram Force AXS et Rival AXS
Le Force AXS propose 4 combinaisons de cassette, toutes démarre avec un pignon de 10. Comme les casettes Red ou Rival. Crédit Sram

Les réponses aux questions que l’on se pose ou pas à propose de ce règlement

SRAM conteste l’introduction de limitations des braquets par l’UCI,

Qu’est-ce que le Protocole du Braquet Maximum de l’UCI ?

Le 12 juin 2025, l’UCI a adopté un protocole limitant le développement maximal à 10,46 mètres par tour de pédale, soit l’équivalent d’un braquet 54×11. Cela interdit de fait certaines transmissions telles que les SRAM RED AXS 54×10 et 56×10, qui dépassent cette limite.

Pourquoi ce protocole affecte-t-il SRAM spécifiquement ?

SRAM est la seule entreprise, à grande échelle, à fournir aux équipes et coureurs d monde entier des transmissions dépassant la limite de développement. Le protocole oblige SRAM à désactiver mécaniquement son pignon de 10 dents, réduisant ainsi les options de braquets et plaçant les coureurs équipés par SRAM dans une situation concurrentielle désavantageuse.

Quelles conséquences pour les coureurs utilisant une transmission SRAM non modifiée ?

Les coureurs s’exposent à un risque de disqualification et de sanction financière s’ils utilisent des transmissions SRAM non conformes lors d’épreuves UCI appliquant ce protocole.

SRAM peut-elle repenser sa transmission afin de se conformer à cette norme ?

Une alternative conforme nécessiterait une refonte complète, estimée à plusieurs années, ce qui affecterait fortement la capacité de SRAM à rester compétitive en course et sur le marché du cycle de manière générale. En termes d’innovation et de performance, cette restriction imposée constitue un retour en arrière tant pour le coureur que pour le vélo.

Comment ce protocole affecte-t-il la concurrence sur le marché des transmissions ?

Le protocole :

  • Nuit aux équipes professionnelles équipées par SRAM
  • Déprécie SRAM sur le marché des transmissions route
  • Fausse la concurrence en favorisant les fabricants proposant des braquets conformes, par exemple Shimano

Quels sont les risques à long terme pour SRAM si le protocole reste en vigueur ?

  • Atteinte à la réputation et recours potentiels en responsabilité
  • Perte du soutien et de la confiance des revendeurs et des équipementiers
  • Érosion de la part de marché mondiale
  • Jusqu’à une décennie de réinvestissement pour se rétablir
  • Existe-t-il des preuves justifiant cette restriction ?
  • Non. Le protocole serait basé sur une enquête non transparente et non scientifique menée auprès de coureurs et axée sur les configurations Shimano compatibles. Il n’existe aucune donnée empirique ni analyse établissant un lien entre des ratios de développement plus élevés et un risque d’accident.

SRAM a-t-elle mené sa propre analyse de sécurité ?

Oui. SRAM satisfait ou dépasse l’ensemble des exigences de sécurité définies par l’ISO, l’Organisation internationale de normalisation. En plus des tests standard de l’industrie, SRAM a développé et perfectionné ses propres tests exclusifs basés sur des années d’expérience en laboratoire et sur le terrain. Par ailleurs, SRAM a analysé les données relatives aux chutes du Tour de France 2025 à l’aide de la télémétrie et d’images vidéo. Les résultats n’ont montré aucune corrélation entre l’utilisation de développements plus élevés et un risque accru d’accident. Les descentes où le 54×10 pouvait être utilisé étaient rares et présentaient un faible risque.

Le test désigné est-il adapté à l’évaluation du risque d’accident ?

Non. La logique du test est erronée dans la mesure où il exclut précisément l’élément qu’il est censé mesurer. Tel qu’il est structuré, le test est conçu pour valider une hypothèse erronée.

La procédure du test est-elle transparente ?

Non. Aucune information publique n’a été fournie concernant la fréquence, la portée ou la méthodologie des tests.

Quelles violations juridiques SRAM allègue-t-elle ?

La plainte de SRAM invoque les violations des articles suivants :

  • Articles 101 et 102 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFEU)
  • Articles IV.1 et IV.2 du Code de droit économique belge (CEL)

Que recherche SRAM par le biais de sa plainte ?

SRAM vise à :

  • Suspendre le protocoleRétablir une concurrence loyale
  • Garantir une réglementation transparente, proportionnelle et non discriminatoire de la part de l’UCI
  • Obtenir une représentation des fabricants au sein de la Commission Équipement de l’UCI
  • Mettre en place des procédures internes afin de garantir que les futures réglementations de l’UCI soient conformes au droit européen de la concurrencePourquoi l’Autorité belge de la Concurrence (ABC) est-elle impliquée ?

SRAM a déposé plainte auprès de l’ABC pour les raisons suivantes :

  • L ’ABC est compétente en vertu du droit européen de la concurrence
  • L’ABC a développé une expertise sur les enjeux de concurrence dans le domaine du sport et a démontré son engagement en faveur de l’équité et de l’intégrité dans le sport

Quelles sont les prochaines étapes de la procédure ?

L’Auditeur général de l’ABC mènera l’enquête et présentera ses conclusions au Collège de la concurrence, l’organe décisionnel indépendant de l’ABC, qui adoptera une décision définitive sur les mérites.

SRAM est-elle engagée en faveur de la sécurité des coureurs ?

Absolument. SRAM donne la priorité à la sécurité et à l’innovation. Ses transmissions sont soumises à des tests rigoureux et continus, et l’analyse des données relatives aux chutes confirme leur sécurité dans toutes les configurations de développement.

Contact : Sram, UCI

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