Rouler à vélo sous la pluie le plus confortablement possible !
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L’automne et l’hiver sont des saisons généralement humides, et cela rend nos sorties plus pénibles, compliquant notre envie d’y aller. Voici comment éliminer la plupart des inconvénients pour aller rouler sous la pluie plus facilement.
Le jour vient de se lever, premier coup d’œil par la fenêtre, il pleut ! Des cordes. L’envie de rouler dehors s’envole au fur et mesure que l’eau tombe. Comment trouver la force de sortir son vélo et d’aller rouler sous la pluie ? Voici quelques conseils pour conserver l’envie de sortir quand le temps est humide !
Rester au sec c’est rester au chaud !

Pris au pied de la lettre, ce titre indique que le home-trainer est la solution. C’est vrai, mais si vous devez, ou voulez sortir à vélo sous la pluie il faut conserver à l’esprit qu’être au sec, c’est bien, mais l’important est de conserver la chaleur. Et cela passe par un équipement adapté. Imperméable respirant, veste et cuissard déperlant, gants et couvre-chaussures imperméables, sous-vêtements thermiques etc sont conviés à cette sortie. Le tout est de bien les choisir.

Bien protéger le haut du corps pour rouler sous la pluie

Pour lutter contre la pluie, il faut des textiles spécifiques qui repoussent l’eau mais laisse passer la vapeur d’eau, car être trempé par sa sueur n’est pas plus agréable que par la pluie. Pour contrer la pluie, Il y a les tissus déperlants et les tissus imperméables. Le tissu déperlant utilise généralement un traitement de surface, le DWR, qui repousse une petite ondée, mais qui est saturé par une pluie persistante ou intense. Les vêtements déperlants sont aussi utiles avec la neige, mais là on est à 0°C ou moins.

L’imperméable est lui censé stopper l’eau et il le fait plutôt bien. Mais il existe divers indices d’imperméabilité… La performance des membranes est alors mesurée en mm d’eau (colonne d’eau) ou en Schmerber, un Schmerber équivalant 1 mm d’eau. Suivant la valeur obtenue on a des textiles plus ou moins imperméables :
| Schmerber | Niveau de protection | Membrane |
| 5 000 Schmerber (5 000 mm) | Averse légère de pluie ou de neige | PrimaLoft |
| 10 000 Schmerber (10 000 mm) | Averse modérée de pluie ou de neige | Polartec Power Shield RPM eVent 3 couches eVent DVstorm |
| 20 000 Schmerber (20 000 mm) | Forte pluie ou neige fondante | Polartec Power Shield Pro Polartec Power Shield Gore-Tex eVent DVStorm Gore-Tex PacLite Plus Gore-Tex Originale Gore-Tex Paclite Gore-tex Active Gore-tex Shakedry Ultrashell |
Ça c’est pour ce qui rentre, mais il faut aussi gérer ce qui sort, à savoir la vapeur d’eau produite par la sueur. C’est la respirabilité de la membrane qui permet cela et qui évacue aussi le surplus de chaleur, facteur limitant la performance ! Et là il y a deux façons de mesurer la « respirabilité » de la membrane, Le RET (coefficient de résistance évaporative thermique) et la MVTR (Moisture Vapor Transmission Rate)
).
| RET en m2·Pa/W | MVTR en g/m²/24h | Membranes | |
| Peu respirant | Supérieur à 20 | 5 000 | nc |
| Passablement respirant | inférieur à 20 | 10 000 | eVent 3 couches |
| Respirant (effort modéré) | inférieur à 12 | 20 000 | Polartec Power Shield Polarter Power Shield Pro Gore-Tex PacLite Plus Gore-Tex Originale eVent DVstorm 2 couches |
| Très respirant (effort soutenu) | inférieur à 6 | 30 000 | Polartec Power Shield RPM Gore-Tex Paclite Gore-tex Active Gore-tex Shakedry PrimaLoft Ultrashell eVent DVStorm |
L’idéal est donc de combiner les valeurs d’imperméabilité et de respirabilité qui correspondent à l’activité pratiquée et à la météo du moment. Les marques de vêtements techniques communiquent largement sur ces valeurs. Il faut conserver à l’esprit qu’en effort intense, le corps humain qui fait à peu près 2m2 de surface peut produire 2,5 l de sueur à l’heure, soit environ 2 500 g/h. Des valeurs à comparer avec les MVTR données pour 24 heures. Tout cela pour dire que même avec un vêtement ultra respirant on aura du mal à rester totalement sec si on roule à fond ! Mais si on est endurance, ça le fera.

Mais cela c’est pour le tissu, pas pour le vêtement. Ce dernier il a des coutures, des fermetures zippées, des manches, un col, bref des portes d’entrée pour l’eau. Sauf si les coutures et les fermetures sont étanches et que le reste est parfaitement ajusté. Des éléments à vérifier lors du choix car il faut peu de choses pour que l’eau trouve son chemin… Enfin on n’oubliera pas de s’assurer que cette protection contre la pluie dispose de poches pour mettre le ravitaillement. Soulever le bas de sa veste ou de son imperméable pour atteindre ses poches de maillot n’est pas facile et en plus on expose ses fessiers aux projections de la roue arrière sauf s’il y a des garde-boue !

On évitera aussi toujours de superposer les membranes. Si on a une veste ou un maillot avec une membrane coupe-vent et qu’on revêt par-dessus une veste de pluie, la respirabilité va chuter, et la transpiration et la chaleur interne vont augmenter drastiquement. Ce principe de non superposition est évidemment plus facile à respecter quand la pluie est présente du début à la fin de la sortie, moins quand elle arrive en cours de route. S’il pleut depuis le début on fera donc tout avec la veste de pluie, avec un maillot manche longue et un tee-shirt technique dessous. Si on part avec une veste avec membrane coupe-vent ou déperlante, il faudra passer l’imper juste pour la pluie et l’enlever dès qu’elle s’arrête. Et dans les longues ascension et les hautes intensités, il ne faut pas hésiter à ouvrir l’imper pour limiter la sudation.
Cuissard long, jambières, comment protéger le bas du corps pour rouler sous la pluie ?
Le souci ici est que le cycliste pédale. Ce mouvement alternatif ne permet pas d’utiliser de membrane imperméable sur les jambes. Elles sont moins souples, collent moins aux muscles et peuvent même être bruyantes, donc pas confortables du tout. En revanche, on trouve des collants ou des jambières avec des traitements déperlants comme le DWR. Ils sont généralement présents sur la face avant du cuissard ou des jambières mais aussi au niveau des fessiers (cuissards). Parfaits pour des pluies légères ou des projections d’eau, ils atteignent leurs limites si la pluie dure ou s’intensifie.

Au bout de 2 heures, la peau sera trempée. Quand on choisit son cuissard long ou ses jambières de pluie, il faut donc s’assurer qu’ils soient bien doublés thermiquement car même si on est trempé on restera au chaud. Autres accessoires utiles pour protéger ses jambes et ses fessiers, les garde-boue ! Les projections d’eau arriveront sur les pieds certes mais pas sur les jambes et une fois la pluie arrêtée, on pourra sécher plus rapidement et surtout le fond du cuissard sera aussi préservé de l’humidité. Gain de confort en vue ! De plus les vêtements seront moins sales, plus faciles laver, vieilliront plus lentement. Pas négligeable quand on voit leurs prix !
Des mains au chaud et au sec pour affronter la pluie
Conserver ses mains au chaud et au sec est une priorité. Pour freiner, diriger le vélo ou conserver une prise efficace pour se mettre en danseuse, il faut que les mains répondent. Les protéger avec des gants est essentiel d’autant qu’elles sont en fait assez immobiles et donc plus sensibles au refroidissement. On choisira des gants assez ajustés mais non « compressif » pour autant. Il existe des gants en tissu avec membranes et des gants en « tricot » avec membranes, en général la protection thermique est moindre qu’avec des gants « grand froid ».

Pour optimiser cette protection contre la pluie, il faut que le poignet des gants soit parfaitement ajusté aux avant-bras et repose directement sur la peau pour éviter l’intrusion d’eau par capillarité ou gravité. On les placera donc sous les manches de la veste ou de l’imperméable. Il faut aussi tenir compte du fait que si les mains sont mouillées, elles gonflent. Retirer les gants est alors difficile surtout s’il fait froid, les remettre est impossible. Donc en cas de souci mécanique, il vaut mieux intervenir avec les gants, ou alors choisir des modèles plus larges mais moins étanches… Ou alors prendre des modèles étudiés pour cela !

Protéger les pieds de la pluie
Les pieds sont en fait la zone la plus exposée à la pluie. Il y a l’eau qui tombe du ciel et celle qui vient du sol soulevée par les roues. En somme même quand il ne pleut plus ils peuvent être mouillés. Pour les protéger il y a deux solutions, soit avec des chaussettes soit avec des couvre-chaussures spécifiques.

Les chaussettes anti-pluie sont quasi-étanches et se veulent plus ou moins respirantes. Pour optimiser leur efficacité, il faut qu’elles soient bien plaquées contre la peau de la jambe pour limiter le phénomène de capillarité. il faut aussi faire attention à les mettre dans le bon sens, car sinon elles vont pomper l’eau dans la chaussure pour l’amener au contact du pied ! Cela arrive quand on se prépare trop vite… Attention aussi quand la température dépasse les 10°C, la transpiration peut devenir plus importante que la capacité de transfert de la membrane. Le risque est alors d’avoir les pieds rapidement glacés. Au-dessus des 10°C, le mieux est donc de ne pas mettre de surchaussures thermiques par dessus. On évitera de les utiliser avec des surchaussures anti-pluie. Là aussi on ne superpose pas les membranes.

Les surchaussures imperméables doivent aussi être au contact de la peau au niveau du mollet, le cuissard longs passant par-dessus. C’est valable pour des modèles en néoprène imperméabilisés ou en latex, et ses dérivés, comme les Velotoze. Attention là encore la gestion de la transpiration peut poser problème. Avec les modèle en Néoprène ils restent au chaud, mais c’est nettement moins vrai avec les surchaussures fins.

Les chaussures hiver avec une tige imperméabilisé et comportant une membrane étanche protègeront bien des projections d’eau, mais moins de la pluie, car elles ne sont pas ajustées au niveau des chevilles. L’eau finira par passer par capillarité ou gravité via le collant et les chaussettes. Et mauvaise pioche, s’il pleut longtemps, la chaussure va se remplir d’eau sans se vider. Cet eau devrait rester à bonne température cependant. Car le côté coupe-vent et la doublure de la tige resteront efficaces. Dans tous les cas la règle est la même on ne superpose pas les membranes, donc on choisit un élément « membrané » chaussettes, chaussures ou couvre-chaussures et on en reste là. Sinon on va baigner dans la transpiration.
Que faire pour la tête ?
Pour protéger sa tête de la pluie quand on à sort vélo, on peut opter pour un casque aéro, ou une coque pour fermer un casque ventilé comme en fournissent parfois quelques marques Ekoï, Lazer. On peut aussi « filmer » son casque avec du film alimentaire pour « boucher » les aérations supérieures et frontales. On prendra garde de laisser les aérations arrière libres.

Sinon on peut porter un bonnet sous le casque, la casquette anti-pluie est aussi un choix, mais attention toutes ne sont pas respirantes et dès lors peuvent vite se montrer glaciales. Ici l’important est de ne pas compromettre la sécurité et le confort du casque. On rajoutera des lunettes avec écran transparent, jaune ou orange pour accentuer la luminosité.
Et le vélo dans tout ça ?

Votre vélo doit aussi être prêt à affronter la pluie. En dehors du fait que la pluie salit la machine, elle use aussi les composants. Avant de partie rouler sous la pluie on préparera donc son vélo et surtout son matériel de réparation (chambres, pompe, CO2, etc). Rouler sous l’eau c’est déjà pas top, attendre le dépannage ça l’est encore moins ! Mais il n’y a pas que cela à faire. Pour optimiser le confort d’utilisation, on vous recommandera les garde-boue, fixes ou clipsables. Il sera bon d’avoir au moins un feu arrière, la visibilité est rarement bonne quand il pleut et beaucoup trop de textiles adaptés à cette météo sont noirs. Mais il faut aller encore plus loin pour affronter la pluie sereinement.

Un vélo propre et bien huilé
Nettoyer son vélo pour rouler sous la pluie quelle idée ! Et pourtant si. Une fois le vélo et sa transmission parfaitement propres on va pouvoir préparer la machine. Pulvériser du polish sur toutes surfaces sauf celles dédiées au freinage.

Cela empêchera les saletés d’adhérer et facilitera le nettoyage ultérieur. Pour la transmission, pour lubrifier l’huile ou la cire doivent s’accrocher à quelque chose. Si c’est du cambouis, la lubrification tiendra jusqu’à ce que le cambouis parte, ce qui peut arriver très vite. Si c’est du métal nu et propre cela peut durer beaucoup plus longtemps surtout si le lubrifiant choisi est prévu pour la pluie et donc très épais. Pour les mêmes raisons, si la chaîne est cirée on évitera de mettre par-dessus une huile « pluie« .

Cette dernière ne tiendra pas bien longtemps, la graisse sur la chaîne n’est pas non plus une bonne idée. Cela va lubrifier et durer certes mais cela va aussi capter du sable, du sel et user la transmission très rapidement. Une chaîne sale arrive au même résultat. Donc un nettoyage fréquent rend les sorties moins pénibles et moins coûteuses sur la durée.
Pneus et freinage
L’eau est est un lubrifiant du caoutchouc, cela fait donc « glisser » les pneus sur la route et lubrifie les silex et autres corps étrangers qui rentre plus facilement dans les chapes. Pour se prémunir de cela on évitera de rouler avec des pneus trop usés et on n’oubliera surtout pas de faire le plein de liquide préventif si on roule en tubeless. Pour augmenter l’adhérence du pneu, à défaut de choisir des enveloppes typées pluie, on pourra jouer sur la section en prenant des pneus plus gros pour la mauvaise saison. En l’augmentant de 2 mm, on obtient déjà de bons résultats. Il est également possible de moduler la pression en l’abaissant de 0,2 bars.

Autres matériels soumis à l’eau, les patins et plaquettes de frein. Par temps de pluie, les garnitures de frein s’usent plus vite. Les projections d’eau provenant de la route amènent du sable, de la terre, du sel éventuellement ce qui consomme le caoutchouc a très grande vitesse.

Les patins sont en caoutchouc, les plaquettes organiques aussi, il faut donc s’assurer qu’il y en encore de la matière pour freiner ! Surtout si la sortie sous la pluie intervient après des épisodes de salage. En faisant tout cela il n’y aura pas de miracle, faire du vélo quand il pleut ne sera pas plaisant et réclamera toujours de la prudence. Mais les gains de confort permettront quand même de rouler dans d’assez bonnes conditions.
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